mercredi 29 septembre 2010

Un pavé dans la marre !

Voici le récit de mon accouchement !

Bonne lecteure !

En ce Mardi matin du 2 Juin 2010, je décide de me lever après le départ de chéri pour le travail. Je fais donc la feignasse jusqu'à 8h30/9h et décide enfin à me lever, ou du moins à m’extirper du lit car avec ce gros ventre de grossesse difficile de se lever sans s’y prendre à plusieurs fois.

Une fois levée et préparée, je déjeune, squatte mon ordinateur portable (forum, dessins) et décide de ranger le salon parce que la veille chér,i beau frère et moi (enfin j’étais plus spectatrice qu’autre chose), nous avions monté un kit dressing pour la future chambre de bébé. Kit dressing que je voulais absolument que chéri fasse le soir même, et oui je suis une chieuse !
Me voilà donc à bouger des meubles, qui, je précise pour chéri, étaient vidés de leur contenus et que je ne trouvais pas lourd (je ne suis pas folle quand même), tout cela dans l’optique de redonner un aspect descend à notre salon/salle a manger.
Et puis sur le coup, je me suis dit, « et pourquoi pas un petit coup d’aspirateur ? », sitôt dit sitôt fait.
S’ensuit une bonne heure de glandouillage intensif avec les dvds de la série Ally Mac Beal tout en dessinant sur l’ordi.

12h, mon beau-frère doit venir me chercher, car nous mangeons ce midi chez les grands parents de chéri. Comme je n’ai pas de voiture, de manière exceptionnelle, c’est mon beau-frère qui va faire le taxi et venir e chercher, chéri lui, nous retrouve la bas.
Je rentre nos deux chiens Vioki er Duke qui étaient dans leur enclos dehors, et à 12h15, il arrive, chéri nous appelle même alors que nous sommes en chemin pour nous dire qu’il est déjà là (ce qui est un vrai miracle en soit, car chéri à 12h15 à table c’est super rare d’habitude c’est plutôt aux alentours de 12h40 voir 13h)…
On dine, on plaisante sur le fait que j’ai bouge des meubles, chéri est loin d’être jouasse et me préviens que si le soir même je me plains d’avoir mal au dos mal par ci ou par là, je risque de voir du pays.
Pendant le repas je lâche la fameuse phrase : « Olalala chéri on est déjà le 1 Juin tu t’imagines que je peux accoucher se soir comme dans 15 jours »… Moment de prédiction ??

14h30, retour à la maison, coup de barre après une grosse matinée bien remplie, ainsi que mon estomac. Aller avant de m’allonger, hop hop hop, je mets les chiens dehors il ne fait pas super beau, mais il ne pleut pas et il ne fait pas froid, il faut qu’ils en profitent !
J’entame alors une belle siestoune, sur le canapé. Une siestoune et quelle siestoune, je me réveille à 17h, ou j’ai peine à ouvrir les yeux et ou l’hésitation bat son plein (je dors encore un peu ? je me lève ?), et au final mon estomac va trancher, j’ai faim, je me lève !
Une bonne chocolatine bien fraiche me tend les bras, mais, voyons, je ne sais pas pourquoi je me dis qu’il va peut être se mettre à pleuvoir, je décide donc de rentrer les chiens et je les mets dans le garage.
Puis je m’abandonne au péché de gourmandise en mangeant (engloutissant) la dite chocolatine.
ET là le drame, à peine la dernière bouchée avalée qu’une nausée gigantesque me prend, accompagné d’une sentation de malaise général, tète qui semble tourner, grosses crampes d’estomac (et je précise bien d’estomac) ! Et là j’y pense : « ben oui ma petite tu es sous traitement pour combattre une cystite, peut être est ce cette vilaine maladie qui te joue encore des tours !
Ni une ni deux je file dans la chambre à coucher, cuvette en plastique sous le bras (soyons prévoyants), et de quoi surveiller ma température au cas où !
Me voilà à constater que je n’ai aucune fièvre, aller un petit mal passager de la grossesse. Je n’ai qu’une chose à faire m’allonger et attendre, attendre


MAIS CA NE VA PAS DU TOUT !!!

17h30 J’appelle chéri et le tiens au courant de mon état de santé sans pour autant l’alarmer, surement un état du à ma cystite, et puis au pire des cas j’appelle notre médecin traitant pour être rassurés.
En 10 minutes je sens que le malaise est toujours là, la télévision m’énerve au plus haut point, je me sens toujours aussi mal, je ne sais pas mais il faut que j’appelle mon docteur, je me sentirais beaucoup mieux après !

17h40 coup de téléphone au docteur j’explique ce qu’il m’arrive, pour lui je dois surveiller ma température, si je monte en fièvre je dois l’appeler, sinon il faut que je reste à jeun pour se soir au moins pour essayer d’écarter l’hypothèse d’une gastro. Il me conseille un médicament contre la nausée (que bien sûr nous n’avons pas en stock), de me reposer et d’attendre.
Je recontacte chéri, le tiens informé des dernières nouvelles, celui-ci va aller chez son père récupérer une soupe de fèves maison pour le repas de se soir ! Dommage pour moi, c’est si bon mais je dois rester à jeun….
Je continue donc mon attende à moitié dans les vapes, féfette bouge, tourne et me donne deux coups monstrueux dans le bas ventre, au moins une de nous deux est en pleine forme ! C’est bien la première fois que cela engendre une telle sensation.
Mais voilà à force de gigoter dans tout les sens, ben j’ai envie de faire pipi moi (mes trois gouttes grâce à la cystite) !

18h20 aller en avant pour un petit pipi, aller mes trois petites gouttes….. 3 petites gouttes…..
Ben dis donc en fait j’avais une grosse envie d’uriner là, c’est bien je me vide…………
Oui je me vide…………… Heu ça fais beaucoup là quand même, je ne me sens pas faire pipi.

Attends je perds un truc liquide, depuis un petit moment et je suis à 15 jours de l’accouchement ……


OH PUTAIN ! JE PERDS LES EAUX !!

Alors grand moment de panique, je me mets à trembler de partout, grand moment de solitude, rien pour contacter chéri et je ne peux me lever avec la perte des eaux qui continue. Très vite une accalmie se pointe, hop je prends ce qu’il faut pour éviter qu’on me suive à la trace, je me précipite sur mon téléphone portable et retourne séjourner sur mon trône (ben oui c’est que là ca devient limite une mini copie des chutes du Niagara).

Image oh combien sublime d’une femme sur le trône, tremblant comme une vieille chèvre asthmatique, avec en guise de fond sonore le bruit d’un gros pipi, qui appelle son mari :
« Florian, oui, faut que tu rappliques tout de suite, je perds les eaux ! »
J’ai le temps ensuite de composer le numéro de la maternité (heureusement enregistré au préalable dans mon portable, et toujours assise aux WC) j’explique mon état et leur annonce notre arrivée dans l’heure qui suit. Pas de problème on nous attend !
Chéri rentre avant que je finisse mon coup de téléphone et part vite se doucher. Oui parce que quand votre mari travaille dans une entreprise de charbon de bois, il est obligé de passer par la case « douche » avant de sortir en société, même si il y a urgence.
Au même moment Niagara semble s’arrêter, j’en profite donc pour mettre dans la valise les derniers objets importants (papiers, portables, chargeurs de portables, appareil photo etc.). 
Je tiens d’ailleurs à féliciter ma propre intelligence (oui je m’auto-félicite j’aime bien ça). Car grâce à une liste que j’avais préalablement faite et mise sur la porte du frigo, nous n’avons rien oublié d’important.
Dernières vérifications, tout est ok, j’ai même le temps de prévenir mes parents, il est 19h, nous partons pour la maternité !

Oui, oui mais………….. OUPS !

A la base nous possédons deux voitures, une mégane et une super 5 (utilisée par chéri pour aller au boulot et donc contenant plein de poussière de charbon). Oui, dans un souci d’être prêt pour le jour J qui était prévu pour le 16 Juin, nous avons mis notre voiture à réparer afin d’éviter la panne le jour J. Du coup là être prévoyant nous a un peu mis dans la mouise !
Cependant, nous décidons de passer voir si notre voiture est réparée, après tout c’est sur le chemin amenant à la maternité ! Coup de chance elle est prête, nous partons et pendant le trajet nous constatons que la voiture fait un bruit vraiment étrange, on contact le réparateur qui nous rassure aucun soucis à se faire, on ne tombera pas en panne, il faudra, quand nous aurons le temps, lui ramener la voiture.

20h, nous voilà arrivé à la maternité, le trajet a duré un peu plus longtemps que prévu car les contractions ont fait leurs apparitions en se rapprochant (toutes les 5 minutes puis les 3 minutes) et l’état désastreux de la route ne m’aidait pas gérer la douleur.
Nous sommes donc gentiment accueillis par une sage femme qui nous installe dans une petite salle afin de faire un monitoring et ce pendant 30 minutes.
Examen médical je parle de ma cystite en cours, je dois faire pipi dans un flacon, et mon col est dilaté à 1, la poche des eaux est bien percée, nous voilà dans la dernière ligne droite de la grossesse ! En attendant la fin du monitoring, chéri va chercher la valise et installe les affaires dans la chambre N°4.

20h30, fin du monitoring tout va bien, on nous dit de nous installer dans la chambre, je peux aussi aller marcher un peu. Nous décidons donc d’aller au rez-de-chaussée de la maternité (nous sommes logés au premier), nous donnons quelques coups de téléphone, et là chéri commence à avoir sacrément faim car il n’a pas mangé depuis midi et avec le boulot dans les pattes il commence à ressentir la faim. Problème la cafétéria est fermée et il n’a pas assez de monnaie pour s’acheter un sandwich au distributeur… Je l’incite à se rendre au mac do afin de manger et faire de la monnaie, chéri refuse, il ne me laissera pas seule.
Au final on réussi à trouver juste ce qu’il fait pour un petit sandwich, mais cela ne rassasie pas mon homme.
Les contractions deviennent plus fortes j’ai du mal à tenir debout, on remonte dans la chambre et on attend, pas de TV, pas de musique on pense que le temps va être long. J’insiste toujours auprès de chéri pour qu’il aille manger, vaut mieux y aller maintenant que plus tard.
Chéri finit par m’écouter, et part se restaurer, je reste là sur le lit, allongée sur le côté gauche, en me disant que dans plusieurs heures nous allons devenir parents. Cela m’effraie un peu, j’ai peu de ne pas résister à la douleur, peur d’avoir mal, de ne pas y arriver, et après peur de mal faire avec ce petit être qui va bientôt être parmi nous.

Chéri revient et à 22h nous décidons qu’il est temps que je prenne ma douche à la Bétadine, chéri est obligé de m’aider car quand une contraction est présente j’ai du mal à faire quoi que se soit d’autre qu’appliquer la technique respiratoire apprise en cours de préparation à l’accouchement. Je demande à chéri de marquer sur une feuille les étapes importantes de la journée afin de pouvoir faire plus tard le récit de l’accouchement.
Je sens que les contractions deviennent plus forte la douleur s’intensifie…

22h15 Chéri fait un micro dodo depuis 10 minutes et la sage femme arrive pour faire un contrôle, je suis dilatée à 2 (presque 3), les contractions continuent de s’intensifier, la sage femme me propose de revenir plus tard avec une perfusion et un anti douleur que j’accepte volontiers. Je lui demande pardon car j’ai peur d’être une patiente « pénible » qui se plain et ne gère pas la douleur, ce à quoi la sage femme me dit que non et que les contractions sont plus douloureuses quand la poche des eaux est rompue... Info intox ? Je sais que dans ces cas là les gens peuvent aussi nous mentir pour ne pas nous froisser….

22h45 La sage femme revient pour la perfusion qui marche au bout de quelques minutes je me sens un peu plus zen, je suis un peu shootée mais consciente quand même, la douleur se ressent moins, je suis très soulagée ; La sage femme me prévient que comme ma poche des eaux c’est rompue depuis quelques heures, si le travail ne commence pas à 5h on devra le déclencher, mais au vu de ma dilatation elle pense que cela ne sera pas nécessaire (la poche des eaux s’étant d’abord rompue je suis sous surveillance à ce niveau là pour limiter les risques infectieux.

Minuit, la perfusion est enlevée ainsi que le monitoring, on va essayer de gérer la douleur sans rien, et comme j’ai demandé la péridurale je vais essayer de reculer le moment de sa pose. Chéri refait un micro dodo de 10/15 minutes sur le fauteuil, et de mon côté je somnole entre les contractions… Je commence à avoir faim et soif, mais je ne peux ni manger ni boire, je me dis que le premier truc que je ferais une fois tout cela finit c’est manger, manger, manger et boire comme un trou !

01h15 Nous partons pour la salle d’accouchement situé au même étage et à deux pas on y va à pied je me sens capable de marcher quand même. Le stress me gagne, salle d’accouchement = dernières étapes avant l’arrivée de féfette !
La sage femme me rassure, et chéri réussi à me calmer. Je suis dilatée à 3, 4 on me propose donc la pose de la péridurale.

01h30 pose de la péridurale, je suis avec deux sages femmes à présent et l’anesthésiste arrive. Il me pose la péridurale sans trop de soucis (et pendant ce temps mes seins commencent à produire du colostrum ca dégueule de partout !!).

03h00 Depuis la pose de la péridurale ça va mieux, je ressens la douleur mais juste quand il s’agit de très grosses contractions, mais par rapport à ce qu’indique le monitoring je ne sens vraiment plus grand-chose ! Ouf elle a bien marche la péridurale !
J’insiste auprès de chéri (avec le soutient de la sage femme), pour qu’il aille dans la chambre et qu’il dorme, car n’étant dilaté qu’à 3,4 il a le temps de dormir un peu la sage femme viendra le réveiller. Chéri refuse, et au final accepte car il pense devoir être en forme pour l’arrivée de la petite.
Me voilà donc seule dans la salle d’accouchement je fais des micros dodo entre les grosses contractions, la sage femme prend de mes nouvelles de temps en temps et vérifie le col toutes les heures.

06h00 le col est enfin dilaté à 10, mais la dilatation ne fait pas tout, il faut attendre que la petite descende. Je ressens parfois l’envie de pousser... La douleur revient un peu dure à gérer, la sage femme  me met sur le côte (celui qui me fait mal) et me dit d’accompagner tout doucement cette envie.

06h30 je sens qu’un truc ne va pas le monitoring fait un drôle de bruit et à force de l’avoir analysé pendant toutes ces heures je constate que féfette a le cœur qui chute. Juste avant la sage femme était partie chercher chéri. Les deux sages femmes discutent entre elle et décident d’appeler le docteur, elle vient vers mois me met un maque à oxygène (juste au moment ou chéri entre dans la salle, lui aussi comprend qu’un truc ne va pas). Elle nous prévient donc que le docteur ne devrait pas tarder. Puis voilà le cœur de notre petit qui s’accélère beaucoup, beaucoup trop.
Même si personne n’y fait allusion on y pense et on stresse un peu, mais je garde confiance, je suis bien entourée donc au moindre problème je sais que l’équipe soignante va réagir au quart de tour.

07h00 le docteur arrive, ca discute, entre temps on m’enlève l’oxygène, je sens toujours l’envie de pousser, on m’installe donc pour la phase d’expulsion de la petite. Le docteur nous dit qu’il va falloir pousser, qu’on va devoir agir rapidement. Il prépare donc tout ses ustensiles, et fait une épisiotomie (que je ne sens pas bien sûr), puis prend la ventouse, il va m’aider à sortir la puce. Là grand moment de panique de ma part j’essaye de me concentrer sur la technique respiratoire d’expulsion mais la peur m’assaille. J’ai peur de ce qui va arriver, peur de mal pousser, peur de mal faire, bref j’ai peur tout court. Tout le monde me rassure, chéri me serre la main, le docteur me parle sèchement (et je ne lui en veux pas du tout bien au contraire, c’est surtout pour m’aider, me motiver).  Aller dès que je sens l’envie de pousser je le dit et on y va. C’est donc parti pour une série de poussée, je sens que le docteur tire au moment ou je pousse, je me concentre sur deux choses, la respiration et l’endroit de la poussée.
Vers la 3eme poussée je sens que c’est bientôt là, le docteur me dit qu’il voit la tête et là grosse panique je me mets à ventiler sévère, à me dire que ça fait trop mal. Pour me motiver le docteur me dit « ben si vous avez mal poussez, allez y poussez, pensez a un truc qui vous énerve ! ENERVEZ VOUS ! PLUS QUE CA ! »…

Chéri est là, me rassure, me prend la main, m’encourage heureusement qu’il est là !

Je pousse je pousse, la saga femme se met même sur mon ventre pour accélérer la descente de la petite lorsque je pousse.

Encore quelques poussée (2 ou 3 peut être).

7h40 enfin la petite est là. Elle chouine, le docteur coupe le cordon. Au préalable on en avait discuté et chéri ne se sentait pas de le faire, et là dans la précipitation on ne lui a pas demandé, c’était une expulsion en urgence. Le docteur est surpris du peu de liquide qui est sorti, la sage femme lui explique qu’à chacune de mes contractions je perdais un peu de liquide.
On me pose la petite sur le ventre pendant quelques instants, instant magique, puis chéri suit donc les deux sages femmes pour s’occuper de la petite pendant que le docteur me recoud et me demande si je ne vais pas lui en vouloir. Ce qui n’est pas le cas et ce que je lui dis, bien au contraire c’est ce qu’il fallait faire !
Le placenta est retiré et tout est ok, on me recoud.

Chéri revient, notre petite Elina fait 51 centimètres, pèse 3,870 kilos (belle pièce) et va très bien.
Nous restons donc en salle d’accouchement pendant deux heures afin de rester sous surveillance. On se relâche on se détend, Elina ne prend pas le sein, trop fatiguée pour s’y mettre, elle reste sur mon ventre, chéri est à côté et verse quelques larmes de soulagement de joie, bref des larmes de nouveau papa. De mon côté les larmes ne sont pas au rendez-vous, mais presque !

9h40 Retour à la chambre, Elina dors dans sa « formule 1 ». On nous amène le petit déjeuner, on déjeune, passe des coups de fil, la fatigue n’est pas présente malgré le peu de sommeil, j’ai surtout soif, très soif !
Nous sommes heureux, un peu crevé certes mais heureux, pour nous notre petite est la plus belle du monde, et le fait qu’elle soit un peu plus costaud que la normale nous rassure, on a l’impression qu’elle est « moins fragile »…
La vie à 3 va enfin commencer !!

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